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Rehaklinik Zihlschlacht Vue Aérienne
10juin2022

D’hospitalité à hospitalier, il n’y a qu’un pas : l’exemple réussi d’architecture thérapeutique et pluridisciplinaire à la Rehaklinik Zihlschlacht (4/4)

Temps de lecture 17 Minutes

A propos du client

Madame Bongetta est la directrice de la Rehaklinik Zihlschlacht depuis 2002. Elle y fait son entrée en 4ème année de formation d’infirmière en 2000 et est nommée chef de service de rééducation neurologique précoce en 2002.

La clinique appartient au groupe Vamed Suisse pour lequel Michèle Bongetta est fière de travailler car “la marge de manœuvre au sein des cliniques pour mettre en œuvre des projets et des concepts est importante. Nous pouvons ainsi prendre rapidement des décisions et nous concentrer sur notre stratégie.” 

Une extension pour accueillir les patients internationaux

Depuis des années, la Rehaklinik Zihlschlacht attire des patients privés nationaux et internationaux, ce qui présente une opportunité de diversification de l’offre de l’établissement.

D’après Michèle Bongetta, “environ 20 % de nos patients sont des patients privés suisses et des patients internationaux. Pour répondre aux besoins de cette clientèle, nous avons décidé de construire un nouveau bâtiment qui allie l’atmosphère d’un hôtel à la rééducation.”

Le challenge est de combiner les attentes d’une clientèle privée haut de gamme avec les contraintes d’une clinique de rééducation – le tout dans une atmosphère d’hôtel.

Cahier des charges : une extension pluridisciplinaire, performante, loin de l’image d’une clinique

Les points majeurs définis dans le cahier des charges de l’extension par la direction de la Rehaklinik Zihlschlacht résident en 3 points majeurs : 

  • L’Oasis, nom de l’extension, ne doit pas ressembler à une clinique.
  • Elle a une fonctionnalité pluridisciplinaire : à la croisée de la technologie et la robotique, la médecine et la rééducation, mais aussi le confort et l’hospitalité d’un hôtel de standing.
  • L’extension doit être pensée pour être performante.

Une architecture pluridisciplinaire

La Rehaklinik Zihlschlacht est spécialisée dans la rééducation neurologique. Elle allie les meilleures technologies en la matière et des équipes de médecins et de personnels soignants hautement qualifiés.

Michèle Bongetta et la Rehaklinik Zihlschlacht sont à la tête du “plus grand centre de robotique thérapeutique d’Europe”. Elle possède “une fondation scientifique pour prouver l’évidence de la rééducation”.

Michele Bongetta, directrice de la Rehaklinik Zihlschlacht

La directrice de la clinique parle “d’une architecture interdisciplinaire et orientée vers le patient. En 2015, nous avons déjà construit un nouveau bâtiment où nous avons pu acquérir de l’expérience. Dans le domaine de la rééducation, il est important de tenir compte des exigences de la thérapie, des soins, de la médecine et des patients”.

Leurs “idées et actions sont toujours centrées sur le patient.”

C’est pourquoi, malgré une spécialité et une expertise affirmées, la directrice souhaite pour cette extension insuffler une atmosphère accueillante, douce et confortable, loin de l’image habituelle des centres hospitaliers.

Des espaces communs comme la salle de restaurant et le parc contribuent à resserrer le lien social.

Une clinique comme un hôtel 4 étoiles

L’Oasis doit faire songer à un hôtel 4 étoiles. Comme le souligne l’architecte, Carlos Martinez, “l’impression d’une clinique doit être volontairement évitée. La clinique doit conserver le caractère d’un hôtel.”

Pour ce faire, l’extension prévoit des chambres spacieuses et confortables et doivent toutes présenter “pratiquement le même standard élevé”. Orientées vers le sud, chaque chambre offre une magnifique vue sur le Säntis et un espace extérieur privé.

Chambre avec vue Säntis, balcon, Rehaklinik Zihlschlacht
©Moschetta Photography

Les couloirs doivent également être larges et spacieux.

Les espaces publics doivent être élégants de par leur architecture et aménagement. 

Espaces communs, Rehaklinik Zihlschlacht
©Moschetta Photography

Enfin, pour conforter cette impression de standing, l’Oasis décline une gamme de service hôtelier avec une magnifique terrasse et une salle de restaurant.

Des performances améliorées grâce au lean management

Un autre point majeur est que cette extension doit s’incorporer dans un ensemble et être liée aux autres bâtiments de la clinique.

Il faut donc, à la fois, connecter et séparer les espaces. Connecter les différents espaces de travail pour faciliter la logistique et rendre cette extension fonctionnelle et performante, mais aussi distinguer et séparer les espaces du personnel et des patients. 

La séparation et la modulation des espaces permet d’assurer plus d’efficacité tout en évitant de nuire au confort des patients. Michèle Bongetta souhaite pour la clinique un “positionnement judicieux des espaces pour être efficace au travail”.

Carlos Martinez comprend de ce fait que “le bâtiment doit fonctionner de manière optimale au quotidien pour le personnel et les patients. Il doit être possible de travailler avec le bâtiment et sa structure spatiale doit faciliter les processus de travail. Il s’agit de créer une symbiose entre l’architecture fonctionnelle et l’architecture esthétique”.

Une architecture patient-centric, fruit d’une étroite collaboration 

Tradition des Sanatoriums suisses : le Schatzalp de Davos

Ouvert en 1900, le sanatorium Schatzalp a vite connu un engouement, les patients s’arrachant les places pour une petite fortune.

Thomas Mann décrit la vie dans le sanatorium dans son roman La montagne magique. Cet hôtel, à l’apogée du luxe moderne et de style Art Nouveau, était le plus avancé de ce type dans la région.

Sanatorium Schatzalp

William Jan Holsboer, initiateur et fondateur du sanatorium Schatzalp, se positionne, à l’époque, comme un visionnaire. C’est lors de ses randonnées au Schatzalp qu’Holsboer a une intuition et ressent l’énergie positive du lieu.

Davos, vue sur le shatzalp

Entrepreneur expérimenté, déterminé et ambitieux, il n’hésite pas une seconde à construire son sanatorium 1900 mètres au-dessus du niveau de la mer, malgré la nécessité d’adapter l’architecture en fonction des spécificités du terrain et de l’environnement. 

Innovant, à la fois par sa construction en béton armé et son style Art Nouveau, le sanatorium Schatzalp présente d’autres caractéristiques modernes comme son toit plat, le chauffage au sol, son ascenseur, ses normes sanitaires avancées, ses innovantes installations technologiques, sa connexion téléphonique et télégraphique. 

De plus, les architectes Otto Pfleghard et Max Haefeli, y créent un nouveau style en fusionnant différents courants sans les aliéner. Les chambres mènent toutes à de spacieux balcons grâce à quelques marches. La différence de hauteur permet toujours de profiter de deux heures de soleil en plus sur le balcon.

Sanatorium Schatzalp, Davos, Suisse

C’est seulement quelques années plus tard que l’intuition de William Jan Holsboer est finalement prouvée scientifiquement grâce à la méthodologie d’Alfred Bovis et ses unités d’énergie. Schatzalp atteint 26 000 unités Bovis, soit 4 fois les 6500 minimums pour procurer de l’énergie.

Les sanatoriums et notamment le Schatzalp, entre innovation architecturale et technologique, intégration dans l’environnement et création ont été pour Carlos Martinez “une source d’inspiration pour le projet” d’extension de la Rehaklinik Zihlschlacht.

Carlos Martinez et son cabinet d’architecture

La sélection de Carlos Martinez

Carlos Martinez et son cabinet n’en sont pas à leur première création en termes d’établissements de santé.

Mais étonnement, ce ne sont pas la clinique Bellavista, la Geserhus ou la maison de retraite Feldhof qui ont retenu l’attention de Michèle Bongetta.

Si cette dernière avoue que l’ensemble des “travaux de Carlos Martinez” leur “ont beaucoup plu”. “C’est à Vienne, à l’hôtel Sofitel”, que celle-ci a découvert l’expertise et le savoir-faire de l’architecte, “car la conception des plafonds y est très innovante et créative”.

L’expérience de Carlos en matière d’établissements de santé

Carlos Martinez et son équipe, forts de plusieurs expériences dans l’architecture d’établissements de soins, ont donc accepté de participer à l’extension de la Rehaklinik Zihlschlacht.

Parmi les exemples d’établissements de santé conçus par le cabinet d’architectes, Carlos Martinez met en avant deux de ses créations : 

La Maison thermale Oberwaid

“La topographie exigeante de la forte pente, la prémisse de créer un lien direct entre le lobby et le parc thermal et d’offrir en même temps un maximum de lumière du jour pour toutes les pièces ont imposé la construction du nouveau Kurhaus Oberwaid.

Il en a résulté un bâtiment dont la forme n’est pas sans rappeler le Tau de François d’Assise – une référence au mode de vie des sœurs Baldegger, qui ont dirigé l’ancien Kurhaus jusqu’en 2008. La forme dynamique du corps de bâtiment reprend la symbolique du saint patron et la remplit habilement de sens fonctionnel et atmosphérique. 

La maison s’intéresse à l’homme dans son ensemble, au corps, à l’esprit et à l’âme. Cela trouve son expression architecturale dans les trois bras du corps du bâtiment. Le bâtiment se développe en hauteur à partir d’un socle à deux étages, d’un “joint” intermédiaire noir et de trois étages de chambres d’hôtes. Un atrium inondé de lumière constitue le centre de la maison de cure.”

Clinique ophtalmologique Bellavista (Dr. Stiegler)

“Pour le projet de la clinique ophtalmologique, l’accent a été mis sur le caractère historique du lieu, où les Appenzellois ont pu obtenir leur indépendance en 1403 lors de la bataille de Vögelinsegg. À partir de là, un volume a été développé, qui s’inscrit comme un rocher dans la pente et constitue une réminiscence de la constance d’autrefois.

Le bâtiment s’élève habilement sur le bord du terrain et s’ouvre au nord en direction du lac de Constance. Malgré sa taille imposante, il se fait volontairement discret grâce à ses couleurs sombres et suit la topographie du versant grâce à ses trois coudes. Les surfaces du béton apparent de couleur sombre sont bouchardées, ce qui renforce le caractère pierreux. 

La massivité de l’ouvrage est dématérialisée dans la partie centrale par une bande de fenêtres horizontales. Cette section abrite l’ensemble de la clinique. Le vitrage assure une structuration rythmique de la façade et confère au bâtiment un aspect clair et une certaine légèreté. Les fenêtres à hauteur de plafond permettent de faire entrer visuellement l’environnement à l’intérieur et de créer des conditions de lumière naturelle. Les vitres à teinte électronique peuvent être commandées par simple pression sur un bouton et permettent – notamment pour les yeux sensibles – d’obscurcir la pièce.”

Ces réalisations de Carlos Martinez dans le domaine de l’architecture thérapeutique, doublée de l’extraordinaire plafond du Sofitel de Vienne ont motivé une collaboration riche et inspirée œuvrant pour l’agrandissement du Zihlschlacht Klinik. Son nom “l’Oasis” tomba sous le sens.

L’Oasis, une collaboration exemplaire à tous les niveaux

Une commission de construction multi-partite pour répondre aux besoins des patients

Une collaboration à plusieurs niveaux se met donc en place pour l’élaboration de l’Oasis. 

D’abord, le cabinet d’architecture travaille de pair avec “la direction, les médecins et le personnel de l’hôpital”, car d’après Carlos Martinez, cette collaboration est essentielle “pour la réalisation d’un bâtiment optimal.”

Cooperation Collaboration

Dans les lieux accueillant du public, notamment les établissements de santé, “une coordination optimale de tous les besoins des futurs utilisateurs permet un déroulement optimal de la journée de travail et de ses processus.” Cela permet d’optimiser les “processus internes” et les performances afin de mieux répondre au désir de lean management de la direction.

D’une manière générale, Michèle Bongetta et les équipes médicales impliquent leurs “collaborateurs dans tous les projets”, permettant ainsi “de faire partie du développement.” Ils travaillent “de manière très interdisciplinaire. Cela signifie que le personnel soignant, les thérapeutes et les médecins travaillent en étroite collaboration.” La directrice ajoute aussi : “nos patients sont impliqués dans le processus de rééducation. Cela crée un “sentiment d’appartenance” et apporte de la variété dans le travail.”

Dans le projet d’extension de la clinique, une véritable “collaboration très partenariale et respectueuse” s’est mise en place.

Michèle Bongetta évoque l’investissement des “personnels soignant et administratif de l’hôpital […] dans ce projet d’extension dans son intégralité. Ainsi, notre directeur médical et moi-même avons mis en place une “commission de construction” pluridisciplinaire. La direction du projet de la clinique a participé aux réunions de planification. Nous avons pu faire intervenir notre personnel spécialisé sur des sujets spécifiques. Par exemple, l’orthoptie pour l’éclairage et la conception de la lumière, la physiothérapie pour l’aménagement des salles d’eau ou l’hôtellerie et l’équipe de cuisine pour la gastronomie. […] Les patients et visiteurs ont été consultés pour ce projet d’extension grâce à la chambre témoin et le restaurant qui ont été évalués par les patients et les visiteurs.”

Une chambre témoin pour se mettre à la place des patients…

Dans cette chambre témoin, les patients testent la hauteur et la maniabilité des éléments et du mobilier. Ils évaluent aussi les couleurs et les contrastes.

La commission de spécialistes contribue, elle, à donner son avis sur des aspects techniques comme l’orthoptiste sur la signalétique et la visibilité et le physiothérapeute sur l’aménagement. Par exemple, si la largeur standard des couloirs, selon les normes SIA, est d’1m20 de large, les équipes médicales ont précisé que pour des raisons de praticité, il serait préférable de faire des couloirs de 2,10 m de large, ce qui a été respecté lors de la construction.

Carlos Martinez confirme cette collaboration des différents acteurs à plusieurs niveaux grâce :

  • au recueil des informations importantes auprès du “médecin, le Dr Daniel Zutter”, 
  • à l’évaluation des besoins établis par Michèle Bongetta qui faisait le relais auprès des personnels soignants,
  • à des échanges avec Jacques-André Künzli du conseil d’administration de la clinique,  “avec Ramon Sprenger (hôtellerie) et Maurizio Colella (responsable de la sécurité)”.

“Les besoins individuels des patients ont été largement pris en compte.” Les patients internationaux, mais aussi nationaux, “voyagent avec des parents ou des membres du personnel.” Ainsi, les “chambres individuelles peuvent être réunies. […] Les zones de salon peuvent être réunies en une seule grande pièce, indépendamment des autres chambres de patients.”

Une architecture à vocation thérapeutique : de l’implantation du bâtiment au choix des matériaux 

Architecture et environnement : entre continuité et innovation

Pour des raisons techniques, l’Oasis devait assurer une continuité avec les autres bâtiments de la clinique. De plus, sur le plan esthétique, l’extension devait s’intégrer dans son environnement. Il y avait donc un réel besoin de continuité tout en garantissant l’indépendance du nouveau bâtiment et l’intimité de ces patients privés.

Carlos Martinez nous explique ainsi qu’en “direction du sud, le bâtiment nouvellement construit constitue la fin du site de la clinique. […] Implanté le long de la ligne de construction, le bâtiment réagit à son environnement avec sa forme courbée caractéristique et sa façade en céramique blanche. […] Les espaces intérieurs et extérieurs se fondent élégamment les uns dans les autres.”

Plans Extension Oasis par Carlos Martinez
Plans par Carlos Martinez

Une architecture-cocon propice à la guérison

Comme décrit dans notre article sur l’architecture thérapeutique, plusieurs composantes telles que la lumière, le choix des couleurs, l’accès à la nature sont primordiales à la bonne récupération et guérison des patients.

Une enveloppe sécurisante, lieu de convivialité

Bien que la “forme du bâtiment soit liée aux restrictions en matière de construction”, elle a également pour but de créer une enveloppe sécurisante pour les patients, propice aux rencontres et au tissage du lien social.

C’est pourquoi le cabinet d’architecture a ménagé un espace intermédiaire entre le bâtiment existant et la nouvelle extension, ce qui “constitue une zone extérieure délimitée et protégée.”

Ainsi, “l’empreinte du bâtiment, générée par la forme d’une demi-lune, forme un espace extérieur bien délimité par rapport au bâtiment existant voisin. Il s’agit ici de créer un sentiment de sécurité” “les patients peuvent se reposer” et se rencontrer.

Extension Oasis, Jardin enveloppé par forme en demi-lune des bâtiments
©Faruk Pinjo

“Un petit restaurant supplémentaire sert de plaque tournante sociale aux patients et à leurs proches. […] Les patients et leurs proches peuvent s’y retrouver et prendre un verre.”

Salle de restaurant, extension Oasis
©Faruk Pinjo

Confort et chaleur grâce au choix des matériaux et du mobilier

Conscient que “le bien-être du patient a une influence essentielle sur sa guérison”, Carlos Martinez et son équipe aménagent “les chambres des patients […] à la manière d’un salon. L’ameublement ainsi que le choix des matériaux […] rappellent plutôt une chambre d’hôtel ou son propre salon”. Le mobilier procure, à ce titre, un “caractère habitable” aux chambres des patients et aux espaces publics.

Chambre avec espace salon, Rehaklinik Zihlschlacht
©Moschetta Photography

Concernant le choix des matériaux et du mobilier, les matières chaudes sont privilégiées. “Des matériaux chauds, clairs et contrastés ont été utilisés de manière ciblée. […] Le choix du bois (en partie imité pour des raisons d’hygiène) doit contribuer visuellement au processus de guérison et au bien-être.”

Les meubles, en plus de leur aspect esthétique et habitable, sont “faciles à manipuler, même pour les patients limités”.

Chambre verte, Rehaklinik Zihlschlacht
©Moschetta Photography

En raison des normes strictes en matière d’hygiène en milieu hospitalier, le vrai bois n’est pas recommandé. “Les surfaces murales sont fabriquées en placage de bois. Les placages ont été choisis en référence à la Thurgovie et à la culture fruitière qui y est pratiquée.” Le cabinet d’architecture a donc “choisi l’essence de bois “prune”, également cultivée en Thurgovie. Pour cela, des panneaux stratifiés HPL ont été utilisés avec le placage bois Argolite 77TS tectr. et le placage bois Prune (placage).” Cela permet une parfaite intégration et cohérence de l’aménagement avec l’environnement de la Rehaklinik Zihlschlacht.

Pour renforcer l’aspect cosy et sécurisant des lieux, Carlos Martinez exploite d’autres astuces et matériaux. Par exemple, il crée des “niches pour s’asseoir dans les unités de soins dans la couleur de l’unité” et utilise des panneaux muraux anti-chocs Acrovyn pliés à chaque coin afin de protéger les arêtes des chocs”. 

Couloir étage, comptoir monolithique et mur Acrovyn, extension Rehaklinik
©Faruk Pinjo

Autres exemples d’utilisation des panneaux muraux pliables Acrovyn :

Lumière et processus de guérison

Comme le décrit Carlos Martinez, tout commence dans le hall central “inondé de lumière” qui sert “à la fois de point d’orientation et de lieu de rencontre”. Dès que les patients et visiteurs pénètrent dans l’Oasis, ils sont nimbés de lumière. Ceci leur procure un sentiment de bien-être et de réconfort.

Toutes les pièces sont lumineuses et offrent “des perspectives visuelles dans le bâtiment et vers l’extérieur”, ce qui peut, d’après l’architecte, “avoir un effet positif sur le processus de guérison”. “Il ne faut toutefois pas négliger l’ambiance lumineuse du soir et du matin. La lumière artificielle affecte aussi le bien-être de l’être humain”.

Retrouvez les bénéfices de la lumière et des autres composantes de l’environnement thérapeutique sur la guérison des patients dans notre article à ce sujet.

Couleurs : guérison et symbolisme

Lors de la mise en place d’une architecture thérapeutique, le choix de la couleur est déterminant.

Ici, la couleur joue un rôle crucial dans l’orientation et revêt un aspect symbolique.

Au rez-de-chaussée, le vert, “couleur de la vie, de la santé”, créé “une référence et un lien avec la nature et l’environnement.” Pour Carlos Martinez, la “couleur verte est associée au sol et à la nature. C’est pourquoi le choix de la couleur au rez-de-chaussée (en contact avec le sol) s’est porté sur le vert”.

À l’étage, le bleu, “couleur de la détente”, fait référence au ciel. Le cabinet d’architecture l’a donc choisi pour les étages supérieurs.

Pour la salle de thérapie, l’architecte opte pour l’orange, “couleur pleine d’énergie et de joie”, et pour le restaurant, le blanc, “couleur la plus claire, la plus pure, la plus festive et neutre”.

Enfin, “dans chacune des chambres, une zone murale au dos du lit du patient a été dotée de la couleur de l’unité de soins correspondante et d’un profilé”. 

Oasis extension, chambre bleue, vue nature, lumière
©Faruk Pinjo

Nature et Säntis au cœur du projet

Ici, Carlos Martinez souligne que “la vue sur la nature et le lien avec le Säntis, caractéristique de la région, ont été des points de repère importants. La nature est un facteur déterminant pour le processus de régénération de l’individu. Celui-ci peut être renforcé par un environnement positif et proche de la nature”.

Un microcosme organisé et invisible pour des espaces bien délimités garantissant l’intimité des patients

Une clinique demande beaucoup de logistique. La direction souhaitait pour cette extension que la maintenance et la logistique constituent la partie immergée de l’iceberg par souci de discrétion et de confort pour les patients.

Ce microcosme invisible s’organise donc autour d’un système de passerelles, existant depuis la création de la clinique (1949) et de souterrains. L’essentiel des connexions entre la clinique et son extension s’effectue dans des espaces souterrains, notamment pour le transport de matériels, du linge, des ordures et de la nourriture. Pour Michèle Bongetta, “les espaces de travail du personnel doivent être à l’arrière-plan”. 

Faire primer l’intimité des patients

Carlos Martinez optimise en conséquence “les accès et les connexions internes”. Ainsi, “l’accès pour les visiteurs et le personnel a été adapté de manière optimale aux besoins de la clinique. […] Les processus du personnel soignant et des patients peuvent se dérouler indépendamment les uns des autres. […] Les cheminements fonctionnels et opérationnels ont été séparés au maximum afin que les patients voient le moins possible le personnel. […] Les liaisons (passerelles) avec les bâtiments existants se font toujours en sous-sol pour le personnel et en surface pour les hôtes et les patients.”

Pour les patients, on désire des accès directs aux chambres de manière à conserver leur intimité et discrétion. Carlos Martinez aménage, à ce titre, “des accès indépendants” pour que les visiteurs puissent accéder “directement depuis le parking souterrain à leurs espaces privés respectifs”. Les patients parviennent à la réception de l’Oasis depuis la clinique existante depuis une passerelle suspendue et “obtiennent une vue d’ensemble des différents secteurs de la clinique via l’atrium sur trois étages”. 

Aussi, “l’intimité des patients était une préoccupation majeure. C’est pourquoi on s’est efforcé de permettre à chaque patient de disposer d’un petit espace extérieur privé avec vue sur le sommet enneigé du Säntis. […]Une distance maximale a été maintenue par rapport au bâtiment existant afin de garantir l’intimité des patients”. Enfin, “des espaces de séjour communs, mais aussi suffisamment de possibilités de retraite privée, constituent une offre harmonieuse du nouveau bâtiment”.

Un espace lisible et intelligible de tous 

Rôle de la lumière, de la couleur et des contrastes

Les couleurs et les contrastes

La couleur, grâce à sa symbolique et à une utilisation uniformisée selon le type d’espace, aide à la lecture et à la compréhension du bâtiment et à l’orientation. En effet, “les murs du fond des unités de soins importantes (comptoirs dans les unités de soins et dans l’espace thérapeutique) ont été conçus par des synapses simplifiées dans la couleur de chaque unité de soins. Cela permet de voir au premier coup d’œil où se trouvent les points de référence importants dans le bâtiment.” 

De plus, comme le souligne Carlos Martinez, “les patients ont souvent des problèmes de perception, c’est pourquoi des couleurs et des matériaux riches en contrastes ont été utilisés”. Pour “faciliter l’orientation et la perception des patients”, l’architecte joue sur les contrastes en combinant des “surfaces claires et sombres”. Par exemple,les “comptoirs en bois dans la zone d’accueil et le bar” créent une “ambiance chaleureuse” et contrastent “avec l’environnement blanc” alors que “les comptoirs monolithiques blancs de l’unité de soins, […] conçus de manière abstraite et cristalline” contrastent grâce à leur sobriété “avec les motifs picturaux et les murs en bois”.

Aussi, “dans les couloirs, les contrastes entre les motifs picturaux et les revêtements muraux en bois facilitent l’orientation et créent des points de référence”.

Pour les patients malvoyants, le cabinet d’architecture prévoit des “contrastes au niveau des portes ou des interrupteurs”.

La lumière

La lumière contribue également à l’orientation des patients et des visiteurs grâce à des “lucarnes”, conçues par l’architecte, qui créent “des points de vue et facilitent l’orientation à l’intérieur du bâtiment. […] Le hall central, inondé de lumière, sert ainsi à la fois de point d’orientation et de lieu de rencontre”. Enfin, “un concept d’éclairage adapté aux patients avec des sources de lumière indirectes” a été mis en place.

Selon Carlos Martinez, “la structure de l’espace du bâtiment a été conçue de manière à ce qu’elle s’explique d’elle-même et qu’il n’y ait pas besoin de recourir à une signalisation supplémentaire.”

Une signalétique simple et sobre

Pour Carlos Martinez et son équipe, le but est que “le bâtiment en lui-même” soit suffisamment “explicite” et que l’ “on s’y retrouve sans grandes inscriptions. Les patients doivent pouvoir s’orienter sans trop de peine dans le bâtiment. Les contrastes facilitent la perception de la signalétique et les couleurs des différents étages aident à différencier les différents secteurs.”

extension-oasis-circulation-luminosite-vue-exterieur
©Faruk Pinjo

La neurologie comme fil rouge : déclinaison artistique grâce à Acrovyn By Design

L’art constitue également l’une des composantes majeures de l’architecture thérapeutique. Carlos Martinez ajoute qu’il “peut avoir un effet positif sur l’état d’esprit de l’individu”.

Déclinaison du motif de la synapse

Un motif inspiré par le corps médical

Le motif fil rouge de l’aménagement de l’Oasis est une synapse. Bien que l’idée première était que l’ensemble de l’extension prenne la forme d’un cerveau, seule l’idée “d’utiliser un motif typique de la spécialité de la clinique” a donc été conservée. Elle est venue à l’architecte en échange avec le médecin Daniel Zutter. 

À ce sujet, Carlos Martinez précise que “les motifs ont été développés à partir d’une photo prise par scanner. […] Il s’agit d’illustrer la spécialité de la clinique, à savoir le traitement des personnes souffrant de lésions cérébrales et nerveuses, et d’accompagner et de soutenir les patients sur le chemin de leur environnement habituel et de leur vie quotidienne.

Photo du scan d'une synapse
Processus de simplification artistique du motif

Pour ce faire, l’image a été simplifiée et rendue abstraite, puis retravaillée de manière artistique” en collaboration avec l’artiste Liliane Eberle.

Esquisse synapse, neurone
Esquisse de neurones par Carlos Martinez

Aussi, “le slogan de la clinique a été repris dans les motifs des images dans les différentes langues des patients : “Nous vous ramenons aux choses que vous aimez”” pour rappeler le credo de la clinique à sa patientèle internationale.

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©Moschetta Photography

L’impression murale grâce à Acrovyn® By Design

Une fois le motif choisi, il a fallu au cabinet d’architectes trouver un matériau qui permette une reproduction de qualité. Le choix, c’est naturellement porté sur les panneaux muraux de protection totalement personnalisables Acrovyn® By Design. Ils permettent une reproduction fidèle et de qualité de tous types d’illustrations et de motifs grâce à une impression HD.

couloir-etage-extension-rehaklinik-mur-acrovyn-comptoir-monolithique
©Faruk Pinjo

Carlos Martinez résume ainsi le processus de création et du choix des matériaux : “Afin de valoriser les couloirs et de ne pas leur donner l’aspect d’une clinique, l’idée de les faire imprimer avec des images a rapidement émergé. Des recherches ont été menées pour trouver des solutions qui répondent à ces exigences. C’est ainsi que l’on est tombé sur les panneaux Acrovyn®. […]Une subdivision du mur sur environ un mètre avec une protection antichoc traditionnelle dans la partie inférieure du mur n’était pas envisageable, car le mur en lui-même devait être lu comme un élément entier à hauteur de pièce. Des solutions ont donc été recherchées pour uniformiser les surfaces murales tout en garantissant la protection contre les chocs” et des critères d’hygiène élevés. “La possibilité d’imprimer les panneaux sur toute la hauteur de la pièce et même de les plier dans les coins sans joint était un critère de conception important, auquel les panneaux ont répondu.” 

Les plaques Acrovyn ont la particularité d’avoir leur image imprimée au verso, si bien que les reproductions ne peuvent pas être “endommagées en cas de choc” : la déformation du choc impacte l’épaisseur d’un millimètre sans atteindre l’image au verso.

Autres exemples d’utilisation d’Acrovyn By Design pour des impressions en tous genres :

Une grande satisfaction des patients, de la direction et du personnel

Carlos Martinez et son cabinet résument ainsi leur approche : “de manière générale, nous nous basons toujours sur notre propre expérience combinée aux besoins de nos clients. Il en résulte les meilleurs “costumes sur mesure” individuels pour nos clients. Chaque bâtiment doit être unique et se suffire à lui-même”.

Satisfaction des patients

L’Oasis a rencontré un franc succès auprès de la direction. Michèle Bongetta répond d’ailleurs que si elle devait refaire le projet d’extension, elle referait “exactement la même chose.”

Engouement confirmé par le cabinet d’architecte qui décrit : “du côté de l’architecture, nous sommes très satisfaits du résultat et avons reçu un feedback très positif de la part de la direction de la clinique, du maître d’ouvrage et des employés. […] Le choix des matériaux s’est avéré judicieux”.

Du côté des patients et du personnel, l’extension suscite également la satisfaction. Son architecture pluridisciplinaire et thérapeutique a des effets positifs sur le repos et la motivation des usagers et sur les performances des collaborateurs.

La directrice de la clinique Zihlschlacht parle même d’une “très grande satisfaction” des patients qui “apprécient beaucoup la construction, l’architecture et le travail des collaborateurs.”

Elle trouve notamment que “les patients et les visiteurs s’y sentent très à l’aise. Ils se trouvent dans un environnement calme et élégant, mais néanmoins animé, ce qui a certainement une influence sur le repos et la motivation”. De plus, “l’aménagement et la générosité des chambres favorisent le repos”.

L’Oasis ne manque pas non plus de satisfaire le personnel soignant. D’après Michèle Bongetta, le “taux de rotation du personnel est très faible” et “de nombreux collaborateurs de la clinique existante souhaitent travailler dans l’extension de l’Oasis”. Selon elle, les “collaborateurs aiment travailler dans l’atmosphère de la maison Oasis” qui “permet de ralentir le rythme. Les espaces de travail pour le personnel sont spacieux et il y a des possibilités de se retirer, comme des salles de pause, à chaque étage”.

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Premier et dernier coups de pioche pour enterrer une caspule du temps. Premier plan : Hanspeter Schwald (président du conseil d’administration de la clinique de rééducation de Zihlsschlacht) et Michelle Bongetta (directrice de la clinique). Derrière, de gauche à droite : Daniel Zutter (directeur médical), Carlos Martinez, Walter Troger (membre du comité directeur VAMED), Heidi Grau (présidente de la commune), Daniel Schmutz (CEO Helsana).

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De gauche à droite : Daniel Zutter (directeur médical), Carlos Martinez, Michelle Bongetta, (directrice de la Clinique), Walter Troger (membre du comité directeur VAMED), Heidi Grau (présidente de la commune), Hanspeter Schwald (président du conseil d’administration de la clinique de rééducation de Zihlsschlacht), Daniel Schmutz (CEO Helsana).

Un bilan très positif donc pour cette extension de clinique à vocation thérapeutique grâce à des directives claires impliquant transversalement tous les concernés, une bonne collaboration des différents acteurs dans un esprit de concorde, un cabinet d’architecte à l’écoute et professionnel, mais aussi au choix judicieux des matériaux qui apportent leur touche finale à l’ensemble et restent dans les mémoires comme l’élément sensoriel distinctif à valeur ajoutée.

Retrouvez à ce sujet notre article sur pourquoi choisir les produits Acrovyn® pour vos projets d’architecture thérapeutique.

inauguration-oasis-equipe-rehaklinik-mur-acrovyn
De gauche à droite : Mauro Colella (CS de Zihlschlacht, responsable de la nouvelle construction côté clinique), Dr Daniel Zutter (directeur médical de Zihlschlacht et membre de la commission de construction) Michele Bongetta (directrice de Zihlschlacht, membre de la commission de construction) Ramon Sprenger (Leister Hotellerie Zihlschlacht, chef de projet de la nouvelle construction côté clinique)

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